Une bien belle balade à deux

Voici un diaporama illustrant une Balade Nature telle que proposée par Yandra Naturaliste et le contenu du livret résumant les observations faites durant la balade. Tiphaine a offert cette balade de trois heures à son compagnon Arnaud pour son anniversaire fêté en Brocéliande et à Rennes. Merci à eux d’être venus à ma rencontre depuis l’Île-de-France, pour les très bons moments partagés, d’avoir pris ces belles photos reflétant  bien l’ambiance de fin de journée dont nous avons pu grandement profiter, et pour leur retour d’expérience en commentaire de cet article!

 

Nous avons rencontré en début de balade un Figuier, plante exotique qui se plaisait bien là et dont la reproduction est très étonnante car intimement liée à celle d’une guêpe microscopique… près de lui, un massif de Menthe s’échappant d’un jardin nous a permis d’éveiller notre odorat.

Un peu plus loin une Sauterelle ponctuée faisait le guet, cachée dans la végétation… l’occasion de parler d’une des différences entre sauterelle et criquet… celui qui a le nom le plus court a des antennes plus courtes que le corps… et inversement.

En forêt on a envie de rencontrer des arbres anciens, l’occasion de parler du Chêne à Guillotin, l’un des patriarches du secteur, dont l’histoire serait liée à celle d’un prêtre réfractaire sauvé dans son tronc car dissimulé par une toile tissée par une araignée à l’entrée de la cavité… ce qui rappelle une aventure similaire vécue par Mahomet

Très vite nous avons commencé à longer une rivière sauvage qui nous paraissait polluée car de l’écume recouvrait sa surface par endroits… mais il s’agissait plus probablement d’un phénomène naturel. D’ailleurs la rivière héberge suffisamment de poissons et est si bien préservée que des Loutres fréquenteraient les lieux…

En forêt les arbres sont dominants et peuvent parfois dépérir au profit de nombreux êtres vivants dont le Pic épeiche que nous avons rapidement pu entendre plus que voir à cause de sa timidité !

Apprendre dans la nature est l’occasion d’utiliser des moyens mnémotechniques parfois drôles tels que celui permettant de distinguer Hêtre et Charme.

Un chêne à l’aspect curieux s’est présenté à nous… son tronc était recouvert d’une prolifération de branches épicormiques.

Grimpant justement sur un tronc, un Carabe embrouillé nous a laissé observer ses magnifiques sculptures et reflets métalliques, non sans se défendre par un jet d’acide butyrique, à l’odeur de beurre rance ! Au bord de la rivière, mêmes reflets métalliques, cette fois sur un Caloptéryx éclatant… une demoiselle (aux ailes repliées sur le dos au repos, contrairement aux Libellules qui ont les ailes étalées au repos). Sur le chemin, les couleurs du ventre du Géotrupe des bois le faisaient rivaliser avec les deux insectes précédents.

La forêt visitée était peuplée de chênes sessiles (glands sans pédoncules, feuilles pédonculées), de charmes, de hêtres, mais aussi de châtaigniers, d’énormes Pins maritimes. D’ailleurs ces pins nous ont ravis de l’odeur de leur résine, signe qu’ils se défendaient d’une attaque, probablement d’insecte… D’autres résineux, les seuls avec les genévriers à êtres autochtones, ont retenu notre attention : des Ifs couverts de galles, excroissances provoquées par une espèce de mouche.

Sous ces arbres, le sous-bois était peuplé :

  • D’arbustes, tels que le houx dont on peut faire des tourniquets avec les feuilles, dont la sève était utilisée par les oiseleurs pour faire de la glue permettant d’attraper les oiseaux sans les tuer, et dont les fleurs mâle et femelle se trouvent sur des arbres différents (on parle de plante « dioïque » ce qui veut dire « deux maisons ») ; le Sorbier des oiseaux (qui raffolent de ses baies) ; l’Alisier des bois (cousin du précédent) ; le Sureau aux fleurs parfumées utilisées pour faire du sirop ; la Viorne obier dont une variété orne les jardins de ses fleurs en boules de neige. ; le Noisetier dont la présence favorise celle du Muscardin, rongeur proche du Lérot et du Loir
  • D’arbrisseaux tels que la Myrtille dont on s’imagine plus souvent l’aspect du fruit que de la plante elle-même qui est très discrète.
  • De lianes telles que le Lierre grimpant qui n’est pas un parasite pour les arbres mais a la particularité d’être une chimère (la partie âgée de la plante possède deux fois plus de chromosomes que la partie jeune) et de produire sur ses crampons une colle ultra-forte fonctionnant grâce à des nano-particules ; le chèvrefeuille qui malgré son parfum enivrant est peu apprécié des forestiers en raison de sa propension à étrangler les jeunes arbres en forçant leur tronc à prendre une forme hélicoïdale.
  • De nombreuses fougères qui profitent de la fraicheur le long de la rivière (Osmonde royale, Fougère femelle) ou dans le sous-bois (ex : Fougère-aigle, Blechne, Dryoptéris dilaté, Réglisse des bois)… les distinguer demande d’observer entre autre la forme des frondes (feuilles).
  • d’autres plantes herbacées à fleurs telles que l’Oseille des bois au faux air de trèfle et qui produit l’acide Oxalique aux nombreux usages ; le Sceau de Salamon, proche parent de l’asperge dont le nom vient de la trace en forme d’étoile de David laissée sur son rhizome par les anciennes feuilles ; la Flouve odorante, parfois appelée « herbe aux bisons » à la bonne odeur de foin due à la coumarine qui sert à aromatiser la vodka ; la Luzule des bois aux airs de plantes épiphytes tropicales ; la Lathrée clandestine – plante sans chlorophylle qui parasite les racines d’arbres ; la Digitale pourpre, le Mélampyre des prés ; l’Euphorbe des bois de la même famille que l’Hévéa (Caoutchoux) et qui produit également du latex pour se protéger (latex et résine sont des sécrétions différentes de la sève).
  • De champignons tels que le Polypore du bouleau qui se développait sur un bouleau décomposé prêt à s’écrouler, une espèce indéterminée de Bolet et un Satyre puant dont le « chapeau » venait d’être mangé par une Grande loche.
  • De « blobs » – êtres vivants très mystérieux…

Lathrée clandestine comme nous aurions pu les voir en période de floraison.

Le fond sonore de la forêt a été agrémenté par de nombreux oiseaux, dont les plus petits d’Europe qui sont le Roitelet huppé, le Roitelet triple-bandeau et le Troglodyte mignon, dont les chants se sont mêlés à ceux du Pouillot véloce (au surnom évocateur de « Compteur d’écus », de son cousin le Pouillot siffleur, du Pinson des arbres, du Rouge-gorge familier, de la Grive musicienne, du Merle noir, de la Tourterelle des bois et du Coucou gris.

Les mammifères se sont également manifestés. Nous avons vu une femelle de Chevreuil (Chevrette, sans bois) puis entendu l’aboiement d’un mâle de Chevreuil (Brocard)… enfin probablement car nous ne l’avons pas vu (ni lui ni ses bois) mais ce sont davantage les mâles qui aboient ! Des coulées de sangliers ont croisé régulièrement notre chemin… indice de leur fréquentation des lieux importante.

Au moment de sortir de la forêt et de rejoindre le bocage, alors que nous n’avions encore pas croisé d’humains, nous nous sommes dit que nous avions l’impression d’avoir parcouru une sorte de monde perdu où d’innombrables choses restent à découvrir, un peu comme si nous avions été sur le sommet d’un Tepuy d’Amazonie ou dans l’un des Gouffres récemment découverts en Chine…

Nous avons alors croisé un chêne pédonculé (glands pédonculés, feuilles sans pédoncule), témoin rescapé des anciennes haies bocagères, bien vivant mais n’ayant presque plus de bois à l’intérieur de son tronc… l’occasion de comprendre que tant qu’il lui reste la partie extérieure de son bois (xylème, où circule la sève brute provenant des racines et composée d’eau et de sels minéraux) et la partie interne de son écorce (phloème, où circule la sève élaborée, enrichie en molécules organiques produites grâce à la photosynthèse), et tant que cela ne provoque pas de brisure du tronc, un arbre peut survivre…

En rejoignant le gite à travers le bocage, nous avons pu profiter du chant des Grillons champêtres et des Rainettes vertes (en nous aidant de nos pour amplifier le son car elles se trouvaient un peu éloignées). De nouveau, de la Menthe (Menthe pomme cette fois-ci), trouvée sur le bord route, nous a ravi les narines.

A l’arrivée, une Bergeronnette grise faisait des vocalises sur le faîte d’une écurie, après avoir pourchassé dans la journée les insectes fuyant sur le parcours des chevaux pâturant sur les prés voisins…

 

 

 

One thought on “Une bien belle balade à deux

  • 16 juillet 2018 à 11 h 55 min
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    Si vous avez envie de découvrir la forêt de Brocéliande et ressentir l’énergie de ses habitants et de son histoire loin des circuits touristiques, je vous invite à contacter Glenn sans hésiter ! Il a partagé avec nous ses connaissances en s’adaptant a notre niveau et notre sens de l’humour :-).
    Anecdotes, astuces mnémo-techniques, légendes… au fil des pas, des ambiances, des spécimens nous avançons à notre rythme en silence ou en discutant. Une invitation à l’éveil des sens ; des odeurs magiques, des chants d’oiseaux fantastiques, des lumières hypnotiques, des touchés d’écorces puissantes…. nous gardons de beaux et doux souvenirs de cette expérience. Le plus ; tout au long de la balade Glenn prends des notes et de retour dans notre ville nous recevons un carnet rédigé avec précision et poésie racontant ce que nous avons partagé ensemble !! Le plus grand des partage n’est-il pas celui de la connaissance ?
    Encore merci à Glenn à qui je souhaite de s’épanouir encore et toujours plus à travers sa passion.
    Tiphaine & Arnaud.

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